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France-Des milliers de personnes rendent hommage au militant identitaire Quentin Deranque
information fournie par Reuters 21/02/2026 à 20:24

(Actualisé avec signalement de la préfecture pour chants racistes et saluts nazis)

Des milliers de personnes ont défilé samedi à Lyon pour rendre hommage au militant identitaire Quentin Deranque, mort après avoir été frappé le 12 février par des militants antifascistes présumés.

La marche s'est élancée peu après 15h00 GMT à Lyon, ville où Quentin Deranque a été tué et où devrait se concentrer l'essentiel des groupes d'extrême droite et antifascistes, et s'est terminée rue Victor-Lagrange, lieu de l'agression du militant identitaire.

Selon la préfecture du Rhône, 3.200 personnes ont défilé dans les rues du 7e arrondissement de Lyon, brandissant notamment des portraits de Quentin Deranque lors d'une marche qui s'est déroulée sans incident majeur.

Le rassemblement, qui s'est tenu sous forte présence policière, a été émaillé de quelques légers accrochages avec des riverains. Des chants comme "On est chez nous !" ont été par ailleurs entonnés par des manifestants.

La préfecture du Rhône a déclaré avoir émis un signalement au procureur de la République pour plusieurs faits, notamment pour des insultes racistes et des saluts nazis.

"C'est une folie, en vrai je n'ai même pas de mots. On se croirait dans les années 1930, c'est fou", a déclaré Clara Dournel, en marge du cortège.

"Ca me fait plus peur pour la société en général que spécifiquement aujourd'hui car c'est un indicateur que ça ne va pas du tout."

Le rassemblement s'est dispersé dans le calme en fin d'après-midi, aucun signalement de heurts n'ayant été rapporté.

Une personne transportant un couteau et un marteau a toutefois été interpellée en queue de cortège, a rapporté la préfecture du Rhône, sans donner plus de détails.

Les autorités françaises ont choisi de ne pas interdire la manifestation de Lyon, tandis que d'autres rassemblements étaient prévus en France, notamment à Brest, Chateauroux, et Rennes.

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, a choisi de rester Place Beauvau où il suivra attentivement l'évolution de la marche, après avoir tenu une réunion vendredi avec les directeurs de la police et de la gendarmerie, ainsi que la préfète du Rhône, Fabienne Buccio.

"Toutes les conditions de sécurité ont été prises pour que cette marche reste une marche et que les habitants et les personnes de Lyon, les commerçants notamment, ne subissent pas du tout les conséquences de cette marche", a assuré Fabienne Buccio, depuis la préfecture du Rhône.

"Il y a des effectifs importants de police. On a plusieurs compagnies républicaines de sécurité. Nous avons aussi des escadrons de gendarmerie. On a bien sûr nos effectifs locaux qui ont été renforcés par des effectifs zonaux", a-t-elle ajouté.

"J'ai pris aussi un arrêté qui interdit pour un périmètre assez large toute la presqu'île lyonnaise (...) ce qui nous donne des outils (...) pour intervenir au moindre rassemblement et pouvoir disperser les personnes qui s'attrouperaient, quelle que soit de toute façon leur velléité", a-t-elle poursuivi, disant avoir également anticipé toute éventuelle contre-manifestation.

Certains manifestants arboraient des masques chirurgicaux et des lunettes de soleil, la préfète du Rhône érigeant de strictes règles pour encadrer la marche, interdisant notamment le port de cagoules.

APPELS À LA RESPONSABILITÉ

Le président de la République Emmanuel Macron a appelé au calme avant que la marche ne s'élance.

"J'appelle tout le monde au calme", a déclaré le chef de l'Etat français, à l'occasion de l'inauguration du 62e Salon de l'agriculture, à Paris.

"Je pense que c'est d'abord un moment de recueillement et de respect pour notre jeune compatriote qui a été tué, pour sa famille, ses proches, et ça doit d'abord être cela, et ensuite c'est un moment d'exigence et de responsabilité", a-t-il déclaré.

Le chef de l'Etat a ajouté qu'il tiendrait en début de semaine une réunion avec le Premier ministre Sébastien Lecornu et les ministres concernés pour faire un point complet sur l'ensemble des groupes d'action violente qui sévissent et ont des liens avec les partis politiques.

"Dans la République, il n'y a que les forces républicaines qui peuvent agir parce qu'elles protègent et elles protègent un ordre républicain. Il n'y a pas de place pour les milices, d'où qu'elles viennent", a-t-il dit, invitant tout le monde à être responsable.

Plusieurs responsables politiques locaux, dont le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, ont demandé l'interdiction de la marche de samedi, craignant que l'atmosphère de tension dans la ville et l'afflux de militants nationalistes et d'ultra-droite venant potentiellement de plusieurs pays européens ne génèrent de nouveaux affrontements.

Le maire de Lyon, Grégory Doucet, a déclaré samedi avoir "pris acte" que la marche en hommage à Quentin Deranque a été autorisée et que sa responsabilité était de faire en sorte bien de mobiliser les forces et les moyens pour que habitants de la ville soient en sécurité.

"J'appelle de nouveau à la fois à l'apaisement, à la prudence et de notre côté, bien évidemment, nous serons vigilants tout le week-end", a-t-il dit.

Sept personnes ont été mises en examen jeudi pour la mort de Quentin Deranque, décédé le 14 février deux jours après avoir été frappé à terre en marge d'une manifestation contre la venue à Sciences-Po Lyon de la députée La France Insoumise (LFI) Rima Hassan.

Six suspects ont été mis en examen pour "homicide volontaire", "violences aggravées" et "association de malfaiteurs" et placés en détention provisoire, a précisé le parquet de Lyon dans un communiqué.

Le septième suspect a été mis en examen pour "complicité d'homicide volontaire" et les deux autres chefs. Il a été placé sous contrôle judiciaire et se voit interdire de participer à des manifestations. Une mesure d'éloignement du territoire de la ville de Lyon a été prise à son encontre, peut-on lire dans ce communiqué.

Selon plusieurs médias, il s'agirait de Jacques-Elie Favrot, ex-collaborateur du député LFI du Vaucluse Raphaël Arnault.

(Rédigé par Claude Chendjou et Zhifan Liu, avec la contribution de Layli Foroudi et Ardee Napolitano à Lyon)

3 commentaires

  • 20:24

    Ha si les rôles avaient été inversé on l’aurait entendu notre seigneur


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